SHCS: Différences de genre dans la prescription de statines chez les personnes vivant avec le VIH présentant un risque faible/moyen à élevé de maladies cardiovasculaires
Abela et al, Open Forum Infectious Diseases
Grâce aux médicaments modernes, les personnes vivant avec le VIH ont aujourd’hui une espérance de vie similaire à celle des personnes ne vivant pas avec le VIH. Elles présentent néanmoins un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, telles que les crises cardiaques ou les accidents vasculaires cérébraux. Les médicaments tels que les statines, utilisés pour réduire le taux de cholestérol, peuvent réduire considérablement ce risque, en particulier chez les personnes présentant un risque moyen ou élevé de maladies cardiovasculaires. Les spécialistes recommandent d’utiliser les statines de manière ciblée en fonction du risque individuel.
Une étude menée par des chercheurs de l’étude suisse de cohorte VIH (SHCS) a évalué les données de plus de 12 000 personnes vivant avec le VIH, dont environ 5 200 ont été réparties en fonction de leur risque de maladies cardiovasculaires. L’étude a examiné s’il existait des différences dans la prescription de statines entre les hommes et les femmes ou entre les différents groupes ethniques.
Les résultats montrent que les statines sont globalement peu prescrites, à savoir seulement à 8-30 % des personnes, selon leur risque de maladies cardiovasculaires. Les auteur·ices ont constaté que les femmes présentant un risque faible, moyen ou élevé ont reçu nettement moins souvent des statines que les hommes. En cas de risque très élevé, il n’y avait toutefois aucune différence de genre observée. Aucune différence entre les groupes ethniques n’a été constatée.
L’étude montre que les femmes vivant avec le VIH reçoivent moins souvent que les hommes les traitements nécessaires à la prévention des maladies cardiovasculaires. Cela pourrait s’expliquer par le fait que leur risque est souvent sous-estimé ou qu’elles acceptent moins souvent les médicaments. Les chercheur.euses soulignent que ces inégalités doivent être investiguées afin que toutes les personnes vivant avec le VIH bénéficient des meilleurs soins possibles.
Une autre étude sur ce sujet est prévue. Nous aimerions comprendre pourquoi les statines sont moins souvent prescrites aux femmes qu’aux hommes.
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